LE MAITRE DES ARTS -  Maroc Hebdo

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On a oublié, par exemple, que le judo était pratiqué dans notre pays bien avant l'indépendance. En Occident et en Asie surtout, les techniques de combat à mains nues ont vu le jour il y a plus de deux mille ans.

C'est au Japon qu'est né le jiu-jitsu, père des arts martiaux, prés de trois siècles avant Jésus christ. Cette technique de combat a été créée par les Japonais pour venir à bout des guerriers armés de sabres et de lances.

Humilité

Depuis le jiu-jitsu va donner naissance à plusieurs autres disciplines dont certaines ne sont plus pratiquées que dans quelques écoles japonaises. D'autres comme le tai-jitsu ont résisté à l'évolution des techniques de guerre.

Cet art martial qui s'est répandu au 18ème siècle repose essentiellement sur l'autodéfense. À son tour, il donnera naissance à d'autres disciplines comme le judo, l'aïkido et le karaté.

Le tai-jitsu a été introduit au Maroc en 1984 par Dalil Skalli, maître international de sambo et professeur diplômé d'État de judo, jiu-jitsu et de tai-jitsu. 

Un homme diplômé dans plusieurs disciplines: 7ème dan ju-jitsu, 7ème dan tai jitsu, 4ème dan judo et 4ème dan karaté. De quoi donner des frissons à tous ceux qui se trouvent en face de lui.

Mais ce décorum contraste avec une humilité qui frise la timidité chez ce maître de 55 ans.

Dalil Skalli s'était épris des sports de combat depuis son bas âge. Né d'un père footballeur et membre fondateur du Raja, il a joué au football comme tous les Marocains.

Mais le virus des arts martiaux l'a attrapé trop tôt pour qu'il puisse suivre les traces de son père. Il commença par la boxe sous la houlette de l'ancien boxeur professionnel Abdelmoula Skouma, père du sprinter "français" Skouma.

Fusion bénéfique

Son père va l'en dissuader pour l'orienter à l'âge de huit ans vers la pratique du judo. Depuis, les arts martiaux sont devenus sa raison de vivre. Chose qui ne l'a pas empêché de faire des études commerciales avant de devenir l'un des premiers judokas du Maroc. Il effectua plusieurs stages et participa à diverses manifestations en Europe et aux États-Unis.

Il fut, pendant 17 ans, secrétaire général de la Fédération royale marocaine de lutte. Une fonction qui l'avait un peu éloigné de sa principale vocation de pratiquer et d'enseigner ces sports dans les salles qu'il avait créées à Casablanca.

Il reviendra à son giron pour s'intéresser à un autre sport qu'est le sambo. Une discipline russe qui comporte 50% de lutte et 50% de judo. C'est son ami Hadj Abdi, président de la Fédération de lutte et précurseur de ce sport au Maroc, qui l'a initié au sambo. Ils ont organisé ensemble la coupe du monde du sambo en 1987 à Casablanca. C'est à dire juste une année après son introduction au Maroc.

L'équipe nationale va surprendre tout le monde en remportant 2 médailles d'or, 3 médailles d'argent et six médailles de bronze. 

La Fédération de lutte va s'agrandir en intégrant des arts martiaux comme le sambo, le tai-jitsu. Une fusion bénéfique qui ressemble à celle qui avait mis fin à la prolifération des fédérations de karaté. Aujourd'hui, Dalil Skalli a fait le bilan de onze ans de la pratique de tai-jitsu dans notre pays dans un séminaire organisé la semaine dernière à Casablanca. 

Une façon de démontrer aux gens qu'on ne cesse pas d'apprendre, même si on est maître dans les arts martiaux. Une belle leçon d'humilité.

Par Hassan BENADAD  sur www.maroc-hebdo.press.ma

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